IMPERIALDREAMER

IMPERIALDREAMER
Il était temps que je dise quelques mots sérieux à propos de l'univers IDéen. IMPERIALDREAMER, c'est un forum, c'est un association. On y discute de tout, de rien, on s'y crêpe gaiement le chignon à propos de Twilight ("aux chiottes Meyer, aux chiottes Meyer!"), de Marc Lévy, de Musso et de Coelho, on y débite des blagues pitoyables à longueur de flood, mais surtout, on s'y fait corriger, on nous aide à progresser, que l'on s'adonne à l'écriture, au dessin, à la composition ou que sais-je ? On y reçoit des corrections superfétatoires, des avis francs, des encouragements, bref on en ressort un peu grandi, et surtout prêts à faire mieux encore et à aider en retour. Certes, ce serait encore mieux si on parvenait à instaurer la tyrannie du Très Haut Guide Spirituel (moi), si ma censure pouvait être effective, et mes châtiments publics.

Je m'égare.

Bref, cet organisme vivant, grouillant, créant, courant, dansant et chantant méritait que je lui consacre un article. Un détail : nous y sommes à peu près tous de doux dingues. Céline disait : "La raison !! Il faut être fou. On ne peut rien faire comme ça, tout émasculé. Ils me font rire. Regardez ce qui les contrarie : on n'a jamais réussi à faire "raisonnablement" un enfant. Rien à faire. Il faut un moment de délire pour la création." Ceci explique cela, ID étant dédié à la création, ses membres sont tous atteints d'une aliénation plus ou moins conséquente. Si on lâchait Freud dans notre Zoo, je suis persuadé qu'il se régalerait. C'est ce qui fait notre charme, d'ailleurs. Passons.

Venons-en aux membres.

Pacô (Thibaud) : Commençons par le début. Sans lui, nous n'en serions pas là. Au commencement était Pacô. Il organise tout, il téléphone, il court, il envoie des courriels, il fait des annonces, il change l'esthétique du forum, il restructure ce dernier, il le dorlote, le chouchoute, bref, il lui a permis de devenir ce qu'il est. Pacô est un organisateur-nez. Une volonté de fer, ancrée dans le réel (jamais de projets en l'air qui flottent avec moiteur dans les méandres cotonneuse de l'utopie) et surtout une efficacité à toute épreuve. Si on ne devait pas rendre justice à tous ceux qui l'ont aidé de façon conséquente (Kirlim, Darwin, etc...), il pourrait dire : "ID, c'est moi". En plus de tout cela, Pacô manie le fouet et la plume avec un égal brio. Sécheresse et rapidité avec l'un, lyrisme et grandeur avec l'autre. On aime ou on n'aime pas, moi cela me plait, on ne peut pas lui nier son travail approfondi sur ses textes, jamais négligés, jamais bâclés. De plus, il corrige avec bonne volonté, courage et efficacité superlative, ce qui en fait, en plus d'un tyran parfait, un précieux ami et un ami précieux.

Kirlim (Pierre) : Point numéro un : il a les yeux bleus et porte une écharpe, même en été. A la sueur de son front, il a gagné le grade de "Floodeur de l'extrême". Malgré cela son investissement a été exemplaire, en particulier lors du travail sur le futur recueil de nouvelles "Sur le fil". Président du Jury, il a coordonné le tout, jugé avec impartialité, bref, a mis beaucoup de lui même avec altruisme puisque ce projet ne lui a personnellement "rien" (si j'ose dire) apporté. Sans oublier son investissement dans "Monstro et Rob", ce projet commun qui avance plus vite que son ombre.On ne peut que le remercier, et regretter sa relative absence depuis quelques temps.

Laumie (Laurence) : Je la hais. Mais notre haine est amicale, cordiale, presque sympathique. On se hait bien. On se hait presque fraternellement, dirais-je même puisqu'elle brigue le poste de belle-soeur à mon encontre. La famille, c'est la famille, je me dois de la haïr chaleureusement. D'ailleurs elle a du mérite puisqu'elle supporte régulièrement mes délires verbaux sans fond, sens, ni raison, sur MSN. Pourtant elle ne s'arrache pas les cheveux (blonds), et se trouve toujours du bon côté des murs d'un quelconque asile psychiatrique.
Oui, Laumie, elle a du mérite, c'est pour cela qu'on l'aime bien... Heu ! qu'on la hait bien. Si elle passe en Suisse rendre visite à sa suissesse, passage obligé par Montreux.

Lou (Justine) : Alors elle, il fallait en dire deux mots. C'est la libertine du forum. La Marquise de Merteuil, la gentillesse en plus, ou la méchanceté en moins, comme vous voudrez. On l'aime tous, parce qu'elle est folle et qu'elle a un bonnet-lapin aux oreilles tombantes ; elle nous aime tous parce qu'elle est magnanime. Sans doute la plus franche du forum, un peu schizophrène sur les bords, parfois des élans de pyromanie jamais inconséquents (on a tous été brûlé une fois au moins par Lou. Métaphore du feu. Passion charnelle. C'est profond. C'est le cas de le dire). Quand elle aime les gens, elle le dit, quand elle ne les aime pas, elle le dit aussi, quand elle a envie de "câlins" (l'euphémisme est d'elle), elle le dit aussi, et tout le monde propose ses services.

Encrier Virtuel (Pascal) : Le patriarche du forum aux tendances parfois sultanesques. Aimerait bien toutes les avoir, mais je m'en réserve une. Rien que parce qu'il est capable d'apprécier les dialogues en or d'Audiard dans les "Tontons Flingueurs", il a toute mon estime, sincère, profonde et respectueuse. Certaines rumeurs courent à propos d'un enseignement de valeur, cabalistique, voir ésotérique, qu'il aurait dispensé à ses disciples (Pacô et Kaëd), lors d'un anodin trajet en voiture, assisté avec zèle par Lou qui en sait beaucoup plus qu'elle ne veut bien le laisser voir. L'enquête se poursuit. Saurons-nous un jour tous les trésors de science qu'a pu distiller le Patriarche, tout en maniant d'une main experte (huhu) le volant de son automobile ? Le mystère, jusqu'à présent, demeure entier.

Kaëd (Damien): Excepté sa manie de mélanger Krishnamurti avec du New Âge, la Sagesse des Nations, du confusianisme, un peu de platonisme et quelques réflexions rousseauistes, c'est un type d'une sensibilité assez rare, doué d'une patte de dessinateur encore plus rare. Dix-neuf ans, et déjà du style, au sens le plus élevé du terme. Chez lui, l'homme devient trait, le trait devient dessin. Il est ses créations, c'est ce qui leur donne - je crois - cette dimension vivante, charnelle, bref, artistique. Taillé dans la face sud d'un cure-dent, souvent en retard, admirateur de Mozart, très réceptif aux blagues grassouillettes, c'est un gars bien, excepté qu'il est grand, et que moi, je ne le suis pas. En plus, il porte un manteau noir. Vive les manteaux noirs. Son seul défaut, comme à beaucoup d'autres membres, c'est d'habiter un peu loin, mais nous y remédierons incessamment !

Barbara (Hélène) : Même si on est littérairement pas toujours d'accord ("aux chiottes M. Lévy, aux chiottes !"), ces petits différents ne m'empêchent absolument pas de constater en toute honnêteté son savoir-faire quant aux corrections, sa gentillesse et sa disponibilité à toute épreuve. Sans oublier son beau brin de plume, aussi travaillé, précis et soigné que ses corrections, ce brin capable de nous emporter dans ses rêves les plus fous, dans le désert, dans son univers de Fantasy, comme si on y était. En plus d'être talentueuse, elle est "utile" (si je puis oser ce terme) à une grande majorité d'écrivains du forum, de par son engagement et son sérieux. Il serait injuste d'omettre son statut de modératrice. Un tiercé gagnant, voilà Barbara.

Morganne (Solène): Parler d'ID sans l'évoquer eut été un blasphème grave. Elle fait partie du trio de frappés qui flood comme il respire : Kaëd, MrSonge, Morganne. Seule la logique et la raison ont été mortellement blessées au cours de leurs délires (kaediens, mrsongiens, ou morganniens, tout est dans la nuance). Déesse de la flemme, je parviendrais cependant un jour à lui faire respecter la césure alexandrine ! Elle est, comme moi, une adepte du géranium, cette plante fragile en semaine, revigorée à partir du vendredi soir. Sans oublier sa mémoire qui tient du prodige, et sa capacité fulgurante à tenir des discussion rien qu'avec des citations de films defunèsiens. Si vous lui demandez de parler de ses talents, elle niera en avoir. C'est faux. En plus d'être modeste, elle écrit des alexandrins policés (sauf la... césure !), et surtout ressentis, donc de grande qualité. Sa prose est moins répandue sur le forum, ce qui est dommage. Il lui arrive d'avoir des avis incongrus (le Sacre de Musset au détriment de Hugo), mais on lui pardonne tout, et même le reste, parce qu'elle le vaut bien (comme Molière, what else ?). Adepte, comme je l'ai dit, de l'humour-géranium, c'est-à-dire de l'humour pourri, elle l'a élevé par son brio dans les plus hautes sphères d'un art consommé. Détail piquant : pour tous les garçons que ce texte aurait mis en bouche, ravalez votre salive concupiscente et lascive, je ne partage pas. Dans la "Folie des Grandeurs", Salluste dit : "C'est mon or ! Et mon or c'est mon argent !". Je dirais moi : "C'est mon trésor ! Et mon trésor c'est ma Solène !".

Et tant d'autres, que je connais trop peu...

Liven d'Eleissen, Grande Hôtesse de l'IRL 2009, et ses commentaires sincères, sa plume brillante.
Eleazare McNight, dont même moi, qui n'apprécie pas énormément son style, suis forcé de reconnaitre qu'elle est douée. Sans parler de ses photographies !
Rêvelin, notre champion poésie, libre, rêveur, plein de fantaisie. Gageons qu'il aime les nuages, les merveilleux nuages.
Cathie la Rouge, depuis un échange foireux particulièrement réussi. Elle n'est pas communiste, cependant. Fervente partisane de l'hélium-théorie, qui consiste à postuler que si j'ai la grosse tête, c'est par le même mécanisme que les montgolfières.
Der Traümer, ses écrits ciselés, son avatar rimbaldien, et sa trop grande discrétion sur le forum.
Cyrus, et son style syncopé, ses délires littéraires de grande qualité.

Et encore tous ceux que je n'ai pas cité, mais je n'en pense pas moins !


# Gepost op zondag 13 december 2009, 06u44

Gewijzigd op zondag 13 december 2009, 10u55

Sur le fil

Sur le fil
Entre une sombre partie d'échec contre la Mort, la psychose d'un professeur de la Sorbonne du XIXe siècle, vous aurez peut-être le temps de traverser le désert en compagnie de marchands mystérieux, de surprendre les activités étranges d'un chauffeur de taxi, ou bien de vivre pleinement la légende de la cathédrale de Canterbury.

IMPERIALDREAM est une association née sous l'impulsion de deux adolescents sous forme de site Internet qui proposait des extraits romanesques déjeunes auteurs. L'objectif premier de l'organisme est de promouvoir les artistes de tout horizon artistique.
Par conséquent, un projet initial fut lancé dans le but de découvrir de nouveaux talents en janvier 2009 : un concours de nouvelles fantastiques. L'organisme a constitué un jury composé d'auteurs déjà publiés, de professeurs de langue française, d'une bibliothécaire et de membres volontaires de l'organisme.
Les cinq heureux auteurs sélectionnés ont connu l'édition à la clef, grâce au soutien de la maison d'édition «Mille Plumes».

Nouvelles et auteurs du recueuil :
"L'Echiquier du Destin" de Hermine Lefebvre
"Psychose" de Romain Debluë
"L'Ombre du Cavalier" de Hélène Destrem
"C'est là que j'habite" de Matthieu Richter
"Cauchemar" de Alexis Bonnefoy

Oui, vous avez bien lu ! Ceci constitue mon premier texte publié !! Je me permets donc indécemment de faire ma propre publicité - et celles des autres auteurs, par la même occasion, tout en redisant encore une fois à tous ceux qui ont contribué l'élaboration de ce livre un très grand merci !!!

Publié aux éditions Mille Plumes (partenaire du projet), le recueil a un format de 13,5*19 cm, 144 pages et un prix de 16, 50 euros.
En vente sur Amazon.com, Chapitres.com (pas encore en stock sur ces deux sites) ou directement sur le site de la maison d'édition (Lien)
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# Gepost op zondag 01 november 2009, 04u49

Festins secrets, Pierre Jourde

Festins secrets, Pierre Jourde
Dans ce roman, Jourde aborde la déliquescence du système scolaire français à travers le récit d'un jeune enseignant de français progressiste, Gilles Saurat, nommé pour son premier poste dans un sombre et violent collège de province et qui perdra progressivement ses illusions face à des élèves qui ne s'avèrent être que de petites crapules ignorantes. Ce roman à la fois réaliste, avec une dénonciation du tout pédagogique qui a sévi dans les collèges et lycées français ces dernières années et de la complaisance des enseignants face à une violence injustifiable, est aussi une virulente charge contre les hypocrisies de la bourgeoisie provinciale ainsi que la violence de la société française contemporaine qui n'hésite pas à sacrifier ses enfants. Ce récit à la stratégie narrative complexe avec tutoiement au lecteur, remise en cause du pacte auteur/lecteur par un narrateur peu fiable, réalisme qui sombre dans le fantastique fut remarqué à sa sortie et obtint, sauf erreur de ma part, de nombreux prix.

La première phrase :
Il faut que tu parviennes à te souvenir.

La dernière phrase :
"Comme ça", souffles-tu aimablement, "je connaîtrai vos pensées."

Un court extrait :
Le coeur de tes nuits est gagné par le tumulte. Des épouvantes inconnues te dressent sur ton lit, en pleine obscurité. Tu te rendors à l'aube. Tu sortiras en sursaut de ta seconde nuit, la tête lourde, pour t'apercevoir que tu es en retard, que tu as à peine le temps de t'habiller, sans prendre le petit-déjeuner, de sauter dans la voiture froide, encore poisseux de ta nuit épuisante.

Résumé :

Par cette fin d'après-midi d'un début de siècle, tout semble en ordre à bord du direct Paris-Logres : sur une banquette de moleskine aussi orange que possible somnole un jeune professeur aussi progressiste que souhaitable, en route vers son premier poste dans "une obscure sous-préfecture d'un département de forêts et de mines désaffectées".
Parvenu à destination, Gilles Saurat se retrouve en plein "cauchemar du mammouth". Ou comment enseigner les subtilités de la langue et de la littérature françaises à de jeunes brutes tout juste capables d'aligner une cinquantaine de borborygmes. Avec pour seule aide des circulaires de l'Éducation nationale rédigées dans un esprit que n'auraient pas renié Franz Kafka et Edgar Poe associés.
Entre deux mauvais rêves, d'étranges dîners de têtes réunissent des notables adonnés aux ragots, à l'extrémisme politique et aux sciences occultes qui s'efforcent d'initier l'enseignant novice à des plaisirs défendus.
La petite ville où Pierre Jourde a dressé son chapiteau est un condensé effrayant et dérisoire des sociétés contemporaines.

Quand on est un jeune intellectuel équilibré et progressiste, débuter sa carrière dans un collège infesté par la violence et l'antisémitisme pourrait suffire à engendrer des doutes. Il y a pire. Se laisser entraîner dans un cercle de notables provinciaux adonnés aux sciences occultes, à l'extrémisme politique et aux perversions sexuelles. Découvrir le contenu atroce de la bibliothèque d'un collectionneur mystérieusement disparu. Se demander s'il ne va pas revenir demander des comptes. Finir par se croire manipulé, ou possédé. Peu à peu monte l'angoisse d'être parasité par une autre personnalité. Mais laquelle ?

Mon avis :

On connaissait Pierre Jourde pour son talent de pamphlétaire, lors de cette Littérature sans estomac qui sut avec humour et brio donner bien des aigreurs au journal Le Monde et à ses servants, à ces écrivains qui dilatent leur anorexie romanesque avec les boursouflures d'un moi aussi insignifiant qu'exhibé. Le voici qui met enfin ce talent au service du roman. Pierre Jourde n'aura pas persiflé en vain ses contemporains français, il est capable de faire mieux, de lever des " secrets " bien gardés, de nourrir l'appétit de ses lecteurs avec ses " festins " : secrets de polichinelle de l'Éducation nationale, festins érotiques fort troubles pour un roman d'éducation.

Jourde signe encore un coup de force et un coup de maître littéraire. Quel style ! Quelle maîtrise du rythme, de la musique, de l'agencement des mots ! Quelle force dans la mise en scène, dans l'installation d'une atmosphère !
La petite ville de Logres est un condensé ténébreux, effrayant et dérisoire.
Aux limites du réalisme et du fantastique, il se livre à une nouvelle inquisition, à un décorticage de la sexualité moderne, à une satire cruelle du monde éducatif et du monstre médiatique, à une anthologie des mauvaises pensées, à un récit métaphysique sur le Mal, sur le double, sur le diable. Nihiliste jusqu'au bout de la plume, Jourde martèle, brocarde et dénonce la laideur du monde contemporain. Il n'oublie rien ni personne : l'antisémitisme, la perversion, la manipulation politique, la sexualité, l'occultisme, la démagogie, la bêtise, la folie, et toutes les monstruosités humaines. Il brosse des portraits terriblement noirs (et justes...) d'une certaine bourgeoisie de province qui s'adonne aux ragots.
Festins secrets : un pavé de plus de 500 pages qui dégouline de colère, qui suinte, qui poisse, qui exaspère parfois ou qui fait hurler de rire, et qui colle aux doigts. On ne peut le quitter car il aimante salement, grâce à un style oratoire fabuleux, et aussi à ces personnages secondaires comme ces femmes à la personnalité si particulière, si lumineuse dans les ténèbres... Rien n'est laissé au hasard dans ce livre, tout compte, tout travaille : ses zygomatiques aux glandes lacrymales. L'angoisse et le malaise s'immiscent au fil des pages humides en un raffinement esthétique impressionnant.
Ce festin ne sera certainement pas partager par de nombreux convives. Mais Jourde s'en fout, il a l'habitude des coups. Jourde écrit la laideur d'aujourd'hui et, semble-t-il, ne peut s'interdire, malgré les lâches et les coups bas, d'allumer la flamme d'un plaisir raffiné, celui d'une lecture qui sort des grands courants mercantiles. Jourde est un écrivain qui imprime sa marque de fabrique livre après livre, quitte à ne toucher qu'un "petit" public.
Si vous êtes prêts pour un Paris-Logres (prononcez-le à voix haute, vous comprendrez ce qui vous attend) laissez-vous tenter, c'est un plat ténébreux pour gourmet, un plat paradoxalement jouissif.

Superbe histoire aussi impeccable qu'effrayante, ce roman est une réussite totale, brillante, intelligente et dérangeante. Un auteur à découvrir au plus vite et la preuve que la littérature francophone dispose encore de quelques empêcheurs de publier en rond.
A ce titre, Festins secrets est un livre qui ne fait pas que du bien, il rassure...
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# Gepost op zaterdag 10 oktober 2009, 09u33

Infinitus

Infinitus
Infinitus

L'Eternité, oui, la profonde Eternité
Là où rien n'est instant, là où rien n'est présent,
Là-bas nous deviendrons, sublime vérité,
Hors de l'être et du temps : Eternel envoûtant !

Viens, mon âme, avec moi fuir l'horloge terrible,
Viens, ma soeur, avec moi fuir ce monde perdu
Dans sa réalité, dans sa triste et terrible
Réalité, noyant le sublime, éperdu.

Eclosion de beauté au milieu des passions
Ephémères de la vie! Douce contemplation
De l'Eternité dans le mouvement de vie !

Oui, tu es tout cela, joyau sans lendemain ;
Je te contemple et sais que mon destin, enfin,
Est auréolé de la clarté assouvie !

# Gepost op maandag 07 september 2009, 09u37

Memoria

Memoria
Eh oui, j'ai re-sombré dans les abîmes de la poésie, voici mon dernier-né :


Memoria

Ô mes morts, cessez donc d'ainsi vous agiter !
Spectres par le passé vomis, régurgités,
Laissez moi oublier, fuir les mânes putrides
De vos hideux visages au front couvert de rides.
Que faites vous ici, droits, parmi les vivants,
Invisibles et pourtant, présents ! Me poursuivant
De vos rires grinçants, de vos regards amers ?
Vous roulez votre écume, ô océans, ô mers !
Mon esprit sur vos flots est un frêle navire
Que vous, morts ineffables, voulez au ciel ravir
Pour l'engloutir dans les abysses du passé.
Que voulez-vous donc pour ainsi me pourchasser ?
Monstres des profondeurs, jamais dans le royaume
Immobile et froid du souvenir qui embaume,
Vous ne m'emmènerez ! Car moi, je suis vivant !
Oui, oui, ombres terribles aux yeux noirs et mouvants,
Je ne dors pas encor parmi les souvenirs !
Que me taraudez-vous, taons me voulant punir ?
Mémoire ! mémoire, es-tu donc un châtiment
Sans fin, ordonné par un dieu sans sentiment ?
Oubli, divinité de l'infini néant,
Laisse moi m'envoler dans ton azur géant,
Laisse moi mollement, dans la béatitude
Que l'on hume, nager dans cette plénitude
Si voluptueuse et dont tu possèdes seul
Le secret salvateur. Emporte moi, Oubli,
Je suis si fatigué, si las, si affaibli.
Ma vie est une mort, ma mort sera naissance.
Je fléchis les genoux, face aux sombres puissances
Du passé surgissant : ces masques grimaçants
Qui apparaissent dans la foule, menaçants.
En grinçant des dents ils me disent : « Souviens toi ! »
Alors, fatalement, l'harmonie se déploie.
Telle une symphonie funèbre, le passé
Résonne dans mon crâne. Alors je crie : «Assez !
Réminiscence obscur, n'as-tu point de clémence ?
Vois ma détresse, vois ma terrible souffrance ! »
Las ! Tout cela est vain, inexorablement,
Dans le gouffre profond je sombre aveuglement,
Entraîné vos bras innombrables, démons !
Je tâtonne, mes pieds glissent sur le limon,
Je trébuche, vous me poussez et me tirez.
Calmez donc vos efforts, vous m'avez déchiré,
Vous m'avez entraîné au pays pétrifié
Du souvenir. Ainsi, me voilà crucifié
Aux murs sombres de la mémoire, cette reine !
Celle qui parmi vous déambule, sereine.
Voyez, je suis à vous, après-en je me meus
Parmi vous tous, dans les limbes de votre lieu.
Vous avez réussi, images décrépites,
Ensemble nous entrons, là où rien ne palpite,
Là où tout n'est plus que silence permanent,
Immuable, infini : terrible arrêt du temps !
Fantômes de l'esprit, goûtez votre victoire,
Me voici, j'entre enfin dans votre purgatoire :
J'ai cédé, plus longtemps je ne puis résister.
Ah ! mes morts, cessez donc d'ainsi vous agiter !
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# Gepost op vrijdag 21 augustus 2009, 17u07