La seconde catégorie, dont je fais partie, est celle du distrait léger. Soit il commet de nombreuses bévues qui ne sont pas spéculaires et vite oubliées, soit il en fait peu, mais de belles ! J'oscille pour ma part entre les deux.
Cette faculté de distraction est très souvent couplée avec le "ça n'arrive qu'à moi ce genre de chose". Je fournis un exemple : un restaurant. Il y a pourtant des dizaines de carafes identiques, et pourtant la seule ayant un manche défectueux atterrit sur la table du prédestiné. De plus, j'ajoute qu'il est physiquement prouvé que ce sera le susnommé et personne d'autre qui saisira la carafe, toujours aussi galant, et servira sa voisine en tenant le récipient au dessus d'une assiette. Et c'est uniquement à ce moment-là que la carafe décidera de se séparer du manche qui restera benoîtement dans la main du pauvre innocent, tandis que la carafe, elle, ira certainement se briser sur l'assiette, qui éclatera en mille morceaux éparses, broyée par le poids de l'eau.
Parce que je sens que vous éprouvez un plaisir sadique à en lire, je vais vous citer d'autres exemples authentiques de distraction fortes ennuyeuses. Imaginez-vous que c'est le milieu de la nuit ( autrement dit six heures du matin ). Vous devez cependant vous lever pour vous rendre au Gymnase. Avant cela, vous voulez prendre une douche, quoi de plus normal. Seulement, votre père s'étant levé avant, il a déjà utilisé la douche qui est, par conséquent, mouillée. Mais cela vous ne le noter qu'a travers les brumes du sommeil interrompu. Donc, si vous êtes un distrait léger, vous vous dévétez, et entrez dans la douche. Et c'est uniquement les deux pieds sur le sol humide d'eau et de savon, que vous réalisé que vous avez ôté tout vos effets, sauf... les chaussettes ! (authentique, hélas pour mes chaussettes)
Autre exemple : je rentre de Lausanne en train, mon violon à la main. Arrivé à destination, je descend du train mon sac sur l'épaule et une fois sur le quai, enfer et putréfaction, je réalise que j'ai laissé mon précieux dans le train ! Ne faisant ni une ni deux, je calcul mentalement, préfères-je rester ici et voir mon violon s'en aller dans la voiture de deuxième classe ? Ou préfères-je sauter à nouveau dans le train et me retrouver à la gare suivante, reprendre un train dans le sens contraire et, au pire, avoir un retard d'une demi-heure ?
Mon choix est vite fait. Je bondi sur le marche pied et retourne tranquillement, tandis que le train démarre, à la place que j'occupais, retrouve mon instrument et m'assoit soulagé jusqu'à ce que... je réalise que, pour bondir plus lestement sur le march-pied, j'avais, sans y penser, ôté de mes épaules mon sac à dos que j'avais laissé sur le quai de la gare. Fort heureusement, je l'ai rapidement retrouvé aux objets-perdus ( retrouvés aussi, mais perdus en premier lieu ) moins d'une heure après.