Une autre cour, côté jardin, fut celle qui s'empressait autour du Roi, lequel criait "petits petits !" en semant à tout vent des poignées de privilèges que picoraient avidement ses emplumés de courtisans.
De là, il n'y qu'un pas tout naturel jusqu'à la Basse-Cour, qui n'est pas plus basse que les deux autres, ni mieux élevées d'ailleurs malgré l'élevage qu'on y pratique, mais tout à fait comparable. Avec ses beuglements, ses roucoulades, ses combats de chefs qui se volent dans le plumes, se bouffent le bec, font la roue, sont en rut, font la cour, se font la gueule, se fendent la gueule, se la cassent, nous les brisent, font partout, gloussent de joie, moussent d'effroi, poussent des cris, toussent de rage, tous les même, et finissent inéluctablement à la casserole.
Ce qui nous amène maintenant bien évidemment à celle de France, maintenant dirigée par un représentant de l'espèce des Sarkozis Louisquatorzus qui, s'il n'a pas le nez bourbonien de son illustre prédécesseur, a la même manie de pratiquer avec une régularité et une constance déroutante le "Ma vie privée ne vous regarde en rien, mais cela ne vous empêche pas de la regarder" à grand renfort de premières pages.
Cependant, si son divorce a fait la une de toute les feuilles de choux (farçis), son mariage a été célébré dans la plus stricte intimité et même la presse (hydraulique) n'a eût à se mettre sous la dent de la mâchoire supérieur, et sur celle de la mâchoire inférieure (c.q.f.d) que des rumeurs éparses et vagues. D'ailleurs c'est une affaire qui en fait.
Peut-être le monarque estime-t-il qu'un mariage si proche d'un divorce, ou le contraire, serait mal vu, comme de bien entendu. Paradoxalement, le couple Bruni-Colas se laisse voire. À Euro-Disney qui, avouons-le, est une destination de premier ordre dans une France au patrimoine culturel plus chargé que les locaux de la sécurité sociale. Rappelons à ce propos la truculente anecdote suivante : les deux tourtereaux se promenaient entre les Mickeys géants et autres blagues quand il se trouvèrent face à Blanche-Neige et ses 7 inséparables. Le président et sa compagne citadine traversèrent tout deux cette populace, main dans la main. Une fois sorti de la foule, ce n'était plus le président miniature qui tenait la main de Carla Bruni, mais Grincheux, tout étonné de se trouver la main dans celle d'une femme à qui ont n'a point trop envie de voler l'amant, sous peine de se retrouver ilico dans le collimateur meurtrier du premier nain de France.
Bref, on va jusqu'à raconter qu'une fois Nicolas fondu dans les 7 diminués verticalements, sa douce passa plus d'un quart d'heure à quatre-pattes pour le retrouver. Elle avait, auparavant, bien essayé de repérer une tête qui dépassait, mais la seule dans cette situation était celle de Blanche-Neige.
Elle le retrouva finalement en se décidant à crier haut et fort "Vive les immigrés!" ; ce fut le seul qui trépignait de rage en frappant un sol qui ne lui avait rien fait et qui, de plus, était celui de sa patrie, d'un pied rageur. A faire pâlir de jalousie l'ignoble Iznogoud.
On rappelle d'ailleurs bien souvent les points communs de ces deux zigotos-là, en omettant pourtant de mettre le doigt sur la grande différence qui sépare le vizir de l'ex-ministre : si Iznogoud n'est pas devenu calife à la place du calife, Sarkozy, lui, est président. Cela ne prouve pas qu'il soit mieux que son confrère de Bagdad. Enfin contrairement au Vizir, il n'empalait pas ( de son projet ).