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Brahms

Les polyphonies de Brahms distillent une substance mythique d'où, selon Schelling, découlent esprit et matière, conscience et nature, qui provient d'un portrait unitaire de la création toute entière traversée par le même courant vital, choses et êtres devant être pensé conjointement. Cette substance saille aussi du principe hégélien dont la première exigence est de ne rien tenir pour absolument séparé, ni non plus isolé, dans ce qui se représente comme tel au premier abord. Elle est encore le fil d'Ariane déroulé dans l'évolution de la nature qui part de la pierre jusqu'à la conscience de l'homme, l'esprit du monde la raison du monde dans lequel Hegel voit l'origine de l'existence. Cet esprit du monde se déploie pour atteindre une conscience de plus en plus grande de lui-même. Les harmonies du Requiem Allemand sont l'expression de cette conscience en contact avec l'essence unique qui gouverne la totalité des événements. Affranchies des sentiments qui boulversent, ces harmonies affirment un état absolu de plénitude, quand l'homme a dépassé les conflits du conscient et de l'inconscient, que son libre arbitre s'accorde aux desseins de la nature, qu'il est touché par une félicité qui plane au-delà des contingences de l'existence.
Si je devais partir sur une île déserte avec une seule oeuvre musicale, j'hésiterais entre la Troisième Symphonie de Beethoven, et la Troisième Symphonie de Brahms, l'une essence humaine, l'autre être cosmique.
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# Posté le vendredi 26 juin 2009 11:20

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