Suite de l'article : Wagner

Vidéo de l'article précédent : Zubin Mehta dirige L'Orchestre de Bavière au Théatre National de Munich dans le Prélude de Tristan und Isolde
Vidéo du présent article : Même orchestre, même lieu. Waltraut Meier dans le rôle de Isolde, chante Liebestod

# Posté le vendredi 27 mars 2009 12:42

Modifié le vendredi 27 mars 2009 13:03

Tristan und Isolde

Bon, là, c'est pour Joane.
Personnellement, j'ai trouvé le livre assez mauvais. Franchement niais, long, mièvre, ennuyeux. Feuilleton TV de 20 heures à la mode du Moyen-Âge...
Mais heureusement, il y a Wagner. L'horrible Wagner, le sublime Wagner. On le hait, ou on le vénère, mais on ne peut pas y rester indifférent. Au-delà de l'homme lui-même qui était un véritable sale type, il y a la musique. Et quelle musique ! L'Opéra en trois noms : Mozart, Verdi, Wagner. Inégalables, chacun dans leur spécialités. Wagner, c'est le drame musical. Drame qui, fondé sur une idée unique, se contorsionne sur lui-même en une passion d'une telle intensité qu'elle ne peut qu'aboutir à une fin tragique qui, plus qu'un renoncement, est une délivrance.
L'audace harmonique de la musique y commence à faire éclater le cadre de la tonalité. Le prélude du premier acte est devenu une pièce orchestrale à part entière, aussi célèbre que prestigieux ; et la Liebestod (« mort d'amour ») d'Isolde, à la fin de l'œuvre, compte, pour beaucoup, parmi les musiques les plus bouleversantes qui aient jamais été composées.

N.B. : Je déconseille cependant de l'écouter d'un seul trait, excepté en direct. L'oeuvre dure tout de même un peu plus de 4 heures.

"Mais aujourd'hui encore, je cherche en vain une œuvre qui ait la même dangereuse fascination, la même effrayante et suave infinitude que Tristan et Isolde" (Friedrich Nietzsche, in Ecce Homo)

# Posté le vendredi 27 mars 2009 12:35

Modifié le vendredi 27 mars 2009 13:04

Barenboim joue "Adios Nonino" de Piazzolla

J'adore la version d'origine, avec Piazzolla lui-même mais avec le Philharmonique de Berlin, et Daniel Barenboim à sa tête, ça prend tout de même une ampleur assez incroyable.

# Posté le dimanche 22 mars 2009 08:12

Discours

Une petite diarrhée verbale que j'avais concocté à l'occasion de l'anniversaire d'un de mes camarades de classe qui fêtait ses 18 ans.

Chères amies, chers amis, camarades, chers élèves, chers étudiants, citoyens, mesdemoiselles, mesdames, messieurs, chers usagers, chers abonnés, chair à pâté,

Je voudrais aujourd'hui et par la présente attirer insidieusement et avec un tact nimbé de discrétion distinguée votre attention sur un fait qui me semble avoir une certaine importance et qui concerne tout particulièrement un membre fraîchement arrivé mais parfaitement intégré dans notre charmante classe. Ce fait, disais-je, qui n'est pas sans rappeler ce qui est arrivé à mon très estimé cousin qui vient de comprendre tous les désagréments que peut contenir le mot "impôts" mais dont tout le monde se fiche allègrement puisque personne ne le connaît ; ce fais, donc, consiste en une sorte de pas à franchir, d'étape significative mais reposant pourtant sur d'illusoires bases fallacieuses créées arbitrairement par notre société qui refuse de reconnaître les même droits aux poupons baveux et braillant comme des dindons qu'aux octogénaires également baveux mais vitupérant comme des pies contre la jeunesse actuelle, une sorte de fossé que chacun devra franchir un jour pour enfin pénétrer de plein pied dans le monde cruel et glacial des réalités de notre triste époque.
Autrement dit, il s'agit d'un anniversaire particulier puisqu'il marque l'entrée triomphale quoique bénigne dans la masse des contribuables potentiels d'un de nos chers condisciples. Vous aurez compris, j'espère -et si ce n'est pas le cas, sachez pauvres incultes incompétents au cervelet lénifié de poulet boulimique, que je m'en contre-tamponne les favoris avec le sceau d'une indifférence méprisante -, vous aurez compris, donc, que je parlais de notre ami Colla qui fête aujourd'hui même son dix-huitième anniversaire, un jour donc avant la Toussaint, fête du travail des fossoyeurs.
Afin de ne pas laisser cet agneau innocent gambader avec insouciance dans les méandres sournoises et traîtres de notre société vénale, corrompue et mesquine, je me permets de lui faire part de quelques conseils qui lui seront sans doute de la plus grande utilité s'il veut rester un enfant dans un monde désespérément peuplé d'adultes bornés à la conscience aussi étriquée que l'étendue dérisoire du vocabulaire de Gavalda ou les rudiments risibles de philosophie de comptoir de Bernard Werber.
Tout d'abords, cher futur contribuable-pigeon, je ne peux que te recommander de ne jamais payer tes impôts. On mesure le bon sens d'un homme à la longueur de la liste de ses arriérés fiscaux, c'est bien connu. D'ailleurs, comme le disait un philosophe dont, hélas, le nom échappe plus à ma mémoire que la tronche gratinée de vieux bonze incontinent : "Payer ses impôts c'est reconnaître que l'on a une dette envers une société qui ne nous donne rien."
Cette phrase aussi creuse que burlesque et inepte résume assez la pensée d'une pléthore de simili intellectuels persuadés d'avoir plus d'entendement que leur caniche gominé, alors que ce dernier leur rendrait sans doute des points dans un test de QI. Si je te conseil de ne pas payer tes impôts, ce n'est pas au nom d'une cause juste et grande, d'une théorie philosophique aussi alambiquée que brumeuse dont on ne peut percevoir après analyse que la stupéfiante vacuité. Non. Si je te le conseil, c'est simplement pour la santé de ton portefeuille. Comme l'a dit un fameux acteur dont la tronche m'échappe, hélas, plus que le nom aux sournoises résonances de maréchaussée moyenâgeuse - entendez Daniel Prévost - "Le monde manque de rognon". La phrase originale devait sans doute être "Le monde manque de pognon" mais visiblement le drôle qui s'est chargé d'en prendre note avait le potentiel auditif de Beethoven sur son lit de mort, qui croyait avoir fait de la peinture toute sa vie. Or, ce n'est pas en piquant de l'argent aux honnêtes citoyens que l'on va remédier au problème dont Prévost nous a livré la synthèse remarquable.
Ensuite de cela, je ne saurais mieux faire que t'engager à ne jamais confier ton argent à la poste. La poste, vois-tu, restera dans les annales de la nullité et de l'incompétence la plus compacte comme le service public qui inventa (et oublia de breveter) la queue qui n'avance pas, et le demi-guichet. La queue qui n'avance pas, vous l'aurez sans doute constaté a été copiée par tout les sévices, pardon, services publics, ce qui n'est pas le cas du demi-guichet qui reste une spécificité de nos chers services postaux.
Le demi-guichet est une invention sournoise, vicieuse et rotors développées et mise en place par des professionnels agrégés de l'emmerdement raffiné, diplômé de l'engluement moral et physique public. En apparence, le demi-guichet est point pour point identique à tout autre, sauf que le préposé présent de l'autre côté de la vitre ne s'occupe absolument pas du client. Il se contente de s'entretenir avec passion de la merveilleuse acquisition de ses nouvelles converses rose à paillettes bleu en polypropenétylénomarxisotugstiène inoxydable sur lesquelles on pourrait s'acharner en vain à coup de marteau-piqueur pendant 12 jours et 23 heures sans qu'elle ne cèdent d'un pouce mais qui pourtant laissent respirer les pieds, tout en étant imperméable. Seul problème : elles sont imperméables dans les deux sens, ce qui fait que si l'eau de pluie ne peut pas y pénétrer, la transpiration, elle, ne peut pas en sortir.
Les gens qui confient leur argent à la poste sont communément appelés des sadomasochistes. Catégorie qui englobe, outre ceux que je viens de désigner, les contribuables ponctuels, les propriétaires de chiens programmés marathon-crotte sur trottoirs (pas les propriétaires, les chiens), les employés de l'administration fédérale, les habitants du Nord-Pas-De-Calais et les préposés au bureau des réclamations M-Budget.
Les sadomasochistes qui mettent de l'argent à la poste sont en général présent devant l'huis salvateur de leur bureau de poste favori, aux murs jaune-pisse absolument immondes qui sont en eux-même un crime contre l'humanité, à l'aube. Ils sortent de la brume lorsque le soleil pointe à l'horizon et ils pénètrent dans l'antre de l'immobilité granitique. Car il n'y a pas un endroit au monde où la lenteur n'est élevée au rang de vertu divine et de moralité inexpugnable au même point qu'à la poste. Voyez les choses en face : lorsque vous entrez dans un bureau de poste à huit heures pour faire peser, timbrer et poster une lettre, vous ressortez à la fermeture avec votre enveloppe aussi vierge de timbre que votre caleçon de soie (sauf pour ceux qui conserve leur collection numismatique dans leur caleçon ) puisque au moment où vous êtes enfin arrivé au guichet, l'employé ferme violemment la vitre à guillotine qui vous sépare de son abominable figure emprunte de sadicité viscérale, en vous aboyant à la tête qu'il est dix-neuf heures douze et qu'ils ont donc fermés depuis douze minutes.
Et voici mon dernier conseil, bref celui-ci. Ne te marie jamais. Car on ne se marie que dans le but de résoudre à deux les problèmes qu'on n'aurait jamais eu en restant seul. Mais heureusement tu es un homme, et dans un couple, l'homme c'est le patron. La femme c'est simplement celle qui prends les décisions. Le mariage, vois-tu, c'est comme le restaurant. A peine est-tu servi que tu regardes déjà dans l'assiette du voisin. Ce qui peut avoir certaines fâcheuses conséquences physiques, surtout quand le voisin se trouve être une armoire à glace gonflée de muscle dans toutes les directions qui s'amuse à faire des trous dans les trottoirs avec son petit doigt et qui est obligé de brancher manuellement son cortex sur la fonction "réflexion". Malgré tout il ne faut pas en vouloir à celui qui a inventé le mariage. Le premier homme qui s'est marié, le pauvre, ne savait pas. En revanche, le second est inexcusable. Enfin, sache qu'un jour, si quelqu'un te prend ta femme, il n'est pire vengeance que de la lui laisser. Mais je suis peut-être injuste, après tout deux personnes mariées peuvent fort bien s'aimer, à condition de n'être pas mariées ensemble.
Cela dit, il ne me reste plus qu'à souhaiter à notre cher Colla une vie d'adulte dans un esprit frétillant et espiègle d'enfant, ce qui est le seul moyen de survire dans notre monde de brutes. La clé du bonheur réside dans le fait de pouvoir se faire aimer des autres, car les amis sont la base la plus solide sur laquelle peut se construire une vie saine et réussie qui apportera à ton esprit une satisfaction intime nimbée de plaisir indistinct mais valorisant et bonifiant. Ne pense pas aux contingences bassement pécuniaires de la vie, mais souvient toi seulement que la réussite, pour un homme, c'est d'être parvenu à gagner plus d'argent que n'en dépense sa femme.
Fais-toi donc des amis, fais-toi aimer ! Ce qui me semble déjà assez réussi car, malgré une once de réputation quelque peu scabreuse que j'éclairerais dans quelques instants, je peux t'affirmer que tu es extrêmement apprécié par toutes les filles avec lesquelles j'ai pu parler. Car laquelle ne m'a pas, les joues empourprées, l'oeil vibrant d'une lueur énigmatique mais étincelante, le regard fuyant et les doigts s'entrelaçant nerveusement, confié d'une voix où perlait une chaste timidité et un remord émoustillant :
"Moi, j'aime le chaud Colla."

# Posté le dimanche 22 mars 2009 05:16

La vie est trop courte pour lire de mauvais livres

La vie est trop courte pour lire de mauvais livres
Le début d'un faux article de journal, sur le mode de la chronique, que je destine à un concours littéraire. Donnez-moi votre avis, plutôt sur le style que sur le fond (je sens que tout le monde ne sera pas d'accord...^^), sur la construction.

La vie est trop courte pour lire de mauvais livres


La Consolante, Ensemble, c'est tout, Et après..., Je reviens te chercher, Et si c'était vrai..., Sept jours pour une éternité..., Le Fait du prince, Cosmétique de l'ennemi, Chaque femme est un roman, Le Zèbre, Tissé par mille, Dans ces bras-là, Un amour pour trois, La maison de jade, Les fourmis, Le Livre du Voyage, Le marché des amants, Pourquoi le Brésil ? etc...
Chaque rentrée, cela recommence : L'avalanche, la cascade, la déferlante, le raz-de-marée, l'écrasement, l'éboulement, l'invasion, le razzia, le raid, le débarquement, le vomissement de romans tout frais pondus. Les devantures des librairies sont prises d'assaut par une myriade d'ouvrages qui viennent sagement s'empiler les uns à côté des autres, attendant tranquillement le lecteur naïf et masochiste qui voudra bien dépenser son argent pour se plonger avec complaisance dans l'univers nauséabond des best-sellers, des romans de gare, des nanars littéraire, des navets. Les auteurs de ces mêmes écrits sont bien évidemment adulés, choyés, traduits dans le monde entier, rémunéré à leur juste valeur, pistonnés et criblés de prix plus prestigieux les uns que les autres : Prix Fémina, Prix Goya du premier roman, Prix Renaudot des lycéens, Prix de Flore... Certains ont même l'honneur de voir une de leurs oeuvres nommée au Goncourt des Lycéens. Sans suite malheureusement. Sales gosses ! Ce sera pour la prochaine fois, et pourquoi ne pas briguer un Grand prix du roman de l'Académie Française ? Après tout, les quarante vieilles badernes du Quai Conti ont bien étés séduites par les Stupeurs et Tremblements d'une jeune auteur qui s'essouffle maintenant tout à fait. A leur âge, ils auront étés sensibles à ce qu'ils ont sans doute supposé être un Manifeste de Parkinson. Il ne reste plus qu'à l'auteur de Ni Toi ni moi de nous pondre quelque chose comme : Pertes de mémoire et coeur fragile, et le tour sera joué ! Dans la poche, les détenteurs du Bon Goût littéraire. Entre ceux qui publient plus vite (et parfois plus mal) que leur ombre et qui n'ont donc pas le temps de lire les textes proposés, et ceux qui n'y voient plus très clair, tout est possible.
De nos jours, la mode est à l'ouverture d'esprit. Mais les gens ont trop tendance à penser que "ouverture d'esprit" signifie devenir un gouffre engloutissant tout ce qui se présente. Au contraire, un esprit ouvert c'est un tamis, un crible dans lequel tout peut entrer mais dont peu de choses de ressortent. Les portes de bronzes des programmes scolaire s'ouvrent à tout et on n'inflige plus aux pauvres lycéens traumatisés les sempiternels classiques poussiéreux et abscons. Balzac est démodé, Flaubert suranné, Baudelaire usé, Hugo passé, Molière fatigué, Gary déplacé ; on offre à la jeunesse des ouvrages qui lui est proche. Voici maintenant Werber, Marc Lévy, Philippe Labro, Marie Darrieussecq, Anna Gavalda et Guillaume Musso qui font leur entrée dans les impératifs scolaires de lecture. Pourquoi pas Kundera, Sollers, Philippe Claudel, Le Clézio, Marie Cosnay ? Allez savoir. Pourtant ses derniers sont tout aussi moderne, mais ils ont des anciens les complications stylistiques, l'abstraction, l'obscurité. L'action y est lente, parfois inexistante (rendez-vous compte !), on y rencontre des théories philosophiques, des termes compliqués. Alors on opte pour des ouvrages plus simples, mais pas moins et certainement plus intéressants. Des ouvrages dans lesquels le lecteur peut s'identifier aux personnages, car l'Homme est un éternel narcissique insatisfait qui ne lit que dans le but de s'apercevoir lui-même entre les lignes. Des ouvrages dans lesquels les décors sont hollywoodiens, l'action aussi, les dialogues de même - c'est dire s'ils sont bâclés. Suspens insoutenable, rebondissements déroutants, péripéties inattendues, le pauvre lecteur frise la crise d'apoplexie à chaque fin de chapitre, et la foulure du poignet à chaque tourne énergique de page. Car c'est bien cela que veut le lecteur moyen actuel, ceux qui se pressent en masse devant les librairies à chaque sortie des derniers frasques presque littéraires d'un pur produit marketing tel que Marc Lévy. En effet, nous sommes actuellement submergés par une vague de haine du style - qui n'est autre qu'une haine de l'art. Le critère des acheteurs de livres est aujourd'hui non plus le récit mais l'histoire uniquement. C'est pour cela qu'un auteur de beaux livres, un artiste en somme, n'aura jamais de succès populaire. On a complètement perdu de vue qu'écrire des livres, des bons, est un art et que tout le monde ne peut pas s'y essayer avec succès (amateur de démocratie permissive absolue, tant pis pour vous !). Or donc, c'est cette idée de littérature en tant qu'art qui me semble de plus en plus facilement oubliée par les lecteurs-moutons. Qui se soucie encore du style ? Personne. On prône le fond, toujours le fond, uniquement le fond. Qu'importe que l'auteur soit incapable d'écrire une question indirecte à la syntaxe correcte, qu'importe qu'il use et abuse des points de suspension et des retours à la ligne, qu'importe qu'il ait un vocabulaire plus réduit encore que celui des "Phrases Utiles" d'un guide de voyage, qu'importe qu'il rédige plus platement qu'une notice technique de machine à laver. Les lecteurs sont en train de faire lentement glisser l'art de la littérature vers la disparition, l'extinction, le néant. Qui se souvient encore qu'écrire est un art ? Personne. Ou alors ceux qui s'en rappelle se dépêchent de l'oublier. Rare sont les heureux élus qui osent proclamer haut et fort : "Seuls les livres ayant une finalité esthétique n'ont d'intérêt à mes yeux." Ajoutons que les autres écrits romanesques ne sont bons qu'à avoir du succès. Un bon écrivain doit avant tout avoir une excellente oreille. Hemingway disait : "Un écrivain sans oreille, c'est comme un boxeur sans main gauche". Quand le lecteur véritable ouvre un livre, c'est une voix qu'il y recherche. Une voix qui lui murmurera une histoire quelconque d'une façon telle que cet argument deviendra un accès à la Beauté. Car après tout, une oeuvre d'art, c'est un trou de serrure par lequel on entrevoit un fragment de la Beauté. (Nous devons préciser ici que la négation d'un absolu de la beauté et la prônerie d'une beauté relative nous semblent être les symptômes les plus alarmants du cancer culturel de notre civilisation.)
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# Posté le jeudi 12 mars 2009 16:48